[CORSE]: La Costa Serena, 8000 ans d’histoire entre terre et mer

La Costa Serena, aussi appelée la Plaine d’Aléria se situe à mi-chemin entre Bastia et Porto-Vecchio. C’est une micro-région très agréable où l’on peut pleinement profiter des merveilles de la nature: sommets enneigés, vignes ou encore bord de mer. Nous y étions l’an dernier en mars, donc le temps était un peu instable, mais nous avons saisi un rayon de soleil pour nous approcher de l’Etang d’Urbino.

L’étang d’Urbino, avec ses 750 hectares, est le deuxième plus grand de Corse après Biguglia. Il est alimenté par les ruisseaux et la mer, et est fermé par un cordon littoral peuplé de chênes verts et de pins maritimes. Autour de l’étang, ce sont principalement des petits marais qui offrent une belle diversité écologique. Il est d’ailleurs inscrit en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique). C’est le lieu idéal pour l’observation des oiseaux et on peut même y voir des espèces rares et menacées ainsi que des espèces en reproduction. Vous pouvez croiser entre autres, des flamants roses, des cols verts, des sarcelles d’hiver, des grands cormorans ou encore les grèbes huppés avec leur petite crête noire. Le mélange eau douce et eau de mer permet à l’eau d’être très saine et riche en plancton. C’est pourquoi la pêche, l’ostréiculture et la mytiliculture (culture des moules) sont les principales activités de l’étang.

Nous nous sommes arrêtés juste à côté du restaurant sur pilotis (sur la commune de Ghisonaccia) qui semble être l’endroit incontournable pour manger les poissons et crustacés de l’étang. Comme je le disais précédemment, nous y étions en mars et le restaurant n’avait pas encore réouvert pour la saison. Nous nous sommes donc contentés d’une petite sieste au bord de l’eau avec les poules et coqs pour nous distraire 🙂
Cliquez-ici pour voir la page Facebook du restaurant.

Après avoir repris des forces, nous nous sommes attaqués à un gros morceau de l’histoire corse: Aléria.

Aléria, aussi appelée Alalia à l’époque phocéenne, bénéficie d’un emplacement idéal. Le village est bâti au sommet d’une colline permettant aux bêtes de pouvoir brouter tranquillement sans être dérangées mais aussi de pouvoir surveiller ce qu’il se passe aux alentours. En contrebas, on utilise les richesses offertes par la nature: déjà les ressources alimentaires que l’on trouve autour des étangs et la mer: poissons, coquillages, crustacés mais aussi les oiseaux ou encore leurs œufs ; on récupère le sel de la mer, ressource très convoitée pour la conservation des aliments; et puis on se sert des roseaux des marécages pour fabriquer différents types d’objets (des nasses pour pêcher par exemple). Cette ouverture sur la mer permet de développer de formidables échanges avec l’extérieur, tant au niveau commercial que culturel, mais elle permet aussi aux envahisseurs de venir facilement coloniser la plaine. En effet, c’est une zone qui a été habitée dès l’époque préhistorique, puis les phocéens sont arrivés, suivis des étrusques (peuple originaire d’Italie Centrale qui est organisé, disposant d’armes et de navires) qui se sont largement installés à Aléria avant que les romains n’arrivent pour mettre la ville sans dessus dessous. La Plaine disposant de nombreuses ressources: les coquillages mais aussi le cuivre, le miel, le liège, le bétail ou encore les minerais, tous voulaient conquérir Aléria.

C’est aux phocéens, les premiers colons, que l’on doit la plantation de vignes et d’oliviers autour d’Alalia. Désireux de développer leur commerce maritime, et d’étendre la négoce de vin avec la Gaule Celtique, les phocéens ont largement contribué à l’installation de la ville. Les étrusques, installés en Sardaigne, en Toscane et en Sicile, ont compris la menace qu’ils représentaient, et ont décidé de leurs déclarer la guerre. S’en suit alors la grande bataille d’Alalia en pleine mer (probablement aux alentours de Bonifacio) où les Etrusques ont battu les phocéens, les obligeant ainsi à quitter Alalia. De là, plusieurs hypothèses subsistent, certains pensent qu’ils ont totalement quitté les lieux, d’autres pensent que les deux peuples ont cohabité paisiblement dans la cité. La seconde option seraient la plus probable d’après les fouilles archéologiques faîtes sur le terrain car ils ont trouvé des objets mélangeant les deux cultures. Les étrusques ont continué à développer le commerce d’Alalia, puis finalement, ce sont les romains qui ont décidé de mettre leur grain de sel. Alalia prend ainsi le nom d’Aléria, et devient la capitale administrative et politique de la Corse. On peut dire que les romains ont mené la vie dure aux autochtones (contrairement aux étrusques), et n’ont pas fait du bien au développement local. Famine, épidémies, rebellions, esclavages, appauvrissement des terres; voila ce qu’ont vécu les corses lors de cette sombre époque. Il faudra attendre plus de 60ans, qu’un dénommé Octave Auguste décide d’implanter une architecture plus aboutie à Aléria avec un forum, des thermes ou encore un amphithéâtre pour redonner un peu de vie à la cité romaine.

Les ressources d’Aléria

Cratère étrusque de « Peirithous aux enfers », le personnage est attaché à un arbre, et est surveillé par un dragon.

Ci dessus, un vase que l’on appelle « Askos » qui pouvait servir par exemple à servir l’huile. Bien souvent, l’askos a une forme zoomorphe (animale). Ici on reconnaît très bien le canard.

Stamnos, vase étrusque qui permettait de récupérer les offrandes solides (comme les grains). Ici, on voit deux personnages chevauchant des dauphins.

Ici, un « rython » à tête de mulet qui servait de gobelet et contenait bien souvent du vin. D’après les philosophes grecs Chaméléon d’Héraclée et Théophraste, on ne donnerait de rython qu’aux héros.

Catherine Mienville-Lanfranchi, connue sous le nom d’artiste « La méduse du Fium’Orbu » s’est amusée à recréer des rythons à sa façon et en s’inspirant des rythons du Musée d’Aléria pour son exposition. Découvrez ici sa Page et ses vidéos.

Si vous souhaitez en lire davantage, je vous recommande la publication mise à disposition par le réseau Canopé, le réseau de création et d’accompagnement pédagogiques. On y découvre toute l’histoire d’Aléria, ses colonies mais aussi la vie quotidienne et un focus sur les œuvres exposées au musée d’Aléria. Vous pouvez télécharger gratuitement le PDF en cliquant ici. Je vous recommande vivement de le lire, c’est passionnant. Je les remercie d’ailleurs pour cette mine d’informations.

Vous avez d’ailleurs d’autres publications qui sont disponibles si vous cliquez ici. (De la gastronomie corse aux maladies en passant par la création d’un jardin botanique). Vous avez de quoi vous distraire un petit moment 🙂

Et après la visite du musée, vous pouvez accéder au site archéologique des thermes. Je vous invite à relire l’article que j’avais écrit sur les Thermes de Caracalla à Rome pour bien comprendre les différents espaces et lire la recette hardcore du dentifrice made in Roma 😀 Cliquez ici

Informations pratiques:

A seulement 2€ le billet d’entrée, il est impossible de s’en priver 🙂 vous aurez accès au musée Jérome Carcopino puis aux zones archéologiques. C’est un modeste musée, mais qui contient de vrais trésors. Si vous aimez les périodes antiques et la mythologie, je vous conseille vivement cette cité millénaire. Vous aurez en plus un superbe panorama.

Pour accéder au site Officiel de l’Office de Tourisme de la Costa Serena, veuillez cliquer ici et pour découvrir les musées de Corse, ça se passe là.

Saint-Michel de Murato, l’une des plus belles églises de Corse

L’église Saint Michel de Murato est considérée comme étant l’une des plus belles églises de Corse. Située au nord de l’Île de Beauté, elle se trouve à seulement 25 minutes de Saint-Florent et à 35 minutes de Bastia.

Bâtie au 12ème siècle lorsque la Corse était gouvernée par Pise, elle se différencie des autres églises de par son style roman pisan. Les pierres calcaires ont donné la couleur blanche, et la serpentine le vert. Cette mode du bicolore et de l’alternance d’une pierre calcaire claire avec un ton plus foncé a elle même été inspirée de l’architecture arabo-andalouse à l’époque.

Les églises du style roman pisan sont généralement très sobres et plus petites que la moyenne. Et au delà des symboliques catholiques que l’on retrouve généralement dans les églises, on retrouve ici des influences plus mystérieuses qui pourraient se rapprocher des croyances et légendes celtes. Étrange de trouver cela en Corse, n’est-ce pas ? Si vous souhaitez en savoir plus, Michel Claveyrolas explique cela très bien, alors cliquez-ici.

Ce qu’il faut retenir de toute cette histoire, c’est de prendre le temps de contempler les détails lorsque vous visitez une église ou une chapelle Corse car ces « détails » ne sont pas là par hasard et chaque forme, personnage ou animal a une symbolique bien précise. Ces édifices sont bien plus mystiques que ce que vous ne pouvez imaginer 😉

Ce jour là, les nuages étaient très bas, et il y avait ces mystérieux hommes corses qui étaient plantés devant la porte, peu disposés à en partir et qui semblaient surveiller l’église. Ce jour là, j’ai vraiment ressenti l’âme de l’Île de Beauté: une terre riche de culture, de traditions et de croyances. C’était très beau. Il ne manquait plus que les chants polyphoniques et on était au top :p

Un peu plus tôt dans la journée, à Saint-Florent, le temps a été plus clément et le soleil a fait une belle apparition le temps de notre pique nique. Car oui, nous avons célébré Pâques à la façon corse, soit un pique-nique en famille que l’on appelle la Merendella, en dégustant le cacavellu, une brioche de Pâques à la fleur d’oranger en forme de couronne et dans laquelle on a glissé un oeuf entier avec sa coquille au moment de la cuisson. En effet, pendant les 40jours du Carême, il est normalement interdit de consommer des œufs, et cette brioche marque la fin de la fête. Nous avons aussi goûté la Tarte Paysanne, une autre spécialité sucrée aussi connue que le Fiadone, qui ressemble à un gâteau génois avec un glaçage au chocolat. C’est un gâteau typique qui est consommé lors des fêtes de famille.

Bien sûr, Pâques est une période sacrée pour les croyants, et les célébrations sont multiples. Je vous recommande d’aller faire un tour en Sartène, la plus corse des villes corses si l’on en croit Mérimée 🙂 Bon je vous l’accorde, ce n’est pas vraiment le même coin… Saint-Florent se trouve en Haute Corse, tandis que Sartène se trouve à l’opposé en Corse du Sud, près de Propriano, soit à près de 4h de là…

Oui mais ça vaut le coup ! En effet, Sartène a gardé ses traditions les plus anciennes, notamment le Catenacciu, une procession impressionnante qui a lieu le soir du vendredi saint mettant en scène le chemin de Croix du Christ par les pénitents. Personnellement, c’est une procession que j’ai très envie de voir.

En attendant, je vous propose une petite balade sur le Port de Saint-Florent, et dans le Parc de la Citadelle.

La Corse, je te dis à très bientôt car nous revenons te voir en juin ❤

Les plages paradisiaques de Porto-Vecchio

En mars dernier, nous sommes allés en Corse, et nous sommes descendus sur les magnifiques plages de Santa Giulia et Palombaggia, très populaires à la belle saison, avec une halte à Bonifacio. Malheureusement pour nous, le temps n’était pas super ensoleillé donc l’eau turquoise ne ressortait pas trop, mais malgré tout, le cadre était superbe, et nous étions seuls au monde… Un jour, j’aimerais quand même y retourner en juin ou en septembre, pour avoir l’impression d’être aux tropiques 🙂 Chéri si tu me lis 😀

De ces deux plages, j’ai préféré Santa Giulia (aucun rapport avec le fait que je m’appelle Julie héhé), parce que je l’ai trouvé plus relaxante et plus secrète… Vous en connaissez d’autres à voir absolument ?

Plage de Santa Giulia

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Plage de Palombaggia

Déjeuner chez U Pinù

Le midi, nous nous sommes arrêtés sur la route territoriale 10, à proximité des plages dans un restaurant bien typique: U Pinù. A l’intérieur, l’ambiance est très cosy et on se sent comme à la maison. Il y a une cheminée majestueuse qui trône au milieu de la pièce, des poutres et grandes tables en bois, c’est vraiment très agréables, surtout quand le temps est un peu maussade. Nous n’avions pas très faim, donc nous avons pris une entrée chacun: des aubergines à la bonifacienne pour moi (13€) et une tartine fromage corse & panzetta pour le chéri (14€), le tout arrosé de muscat pétillant. Une bonne adresse que je vous conseille.

U Pinù – Precojo – 20137 Porto-Vecchio

Enfin, nous avons terminé par une virée à Bonifacio, mais personnellement, je n’ai pas tellement apprécié… J’ai trouvé la ville très froide et déserte (nous étions en basse saison je le rappelle). La vue sur les calanques et sur le « Grain de sable », ce fameux rocher calcaire détaché de la falaise, étaient par contre magnifiques. Je pense que je n’ai pas apprécié Bonifacio à sa juste valeur parce que tout le monde m’en a dit du bien… J’aimerais y retourner, faire la petite promenade sur le chemin qui longe les falaises, faire le circuit en bateau pour voir les calanques depuis la mer et aussi visiter le cimetière marin que nous n’avons pas pris le temps de faire. Si vous avez d’autres suggestions pour me faire voir Bonifacio d’un autre œil, je suis tout ouïe 🙂

La balade s’est conclue par un petit apéro corse à l’Hôtel Royal avec dégustation d’une assiette « U spuntinu » à 14€: garnie de lonzo, coppa, saucisson, terrine (qui nous a été oubliée), jambon de pays, fromage de brebis, fromage de chèvre, tomme corse, confiture de figue et un verre de vin. Un classique à faire quand on vient sur l’Île de Beauté.

Hôtel Royal – 8 rue Fred Scamaroni – 20169 Bonifacio

Et sur le chemin du retour, nous avons fait une très sympathique rencontre…

Vous n’avez pas encore fini de lire sur la Corse car j’ai encore des choses à vous montrer. Ca me prend du temps pour aborder la totalité de mes voyages mais au moins ça me permet de varier les plaisirs de lecture pendant l’année, en attendant le prochain séjour 🙂

A pr’éstu / A bientôt

Aubergines à la bonifacienne

Dans le sud, nous sommes des amateurs d’aubergines: en caviar, en beignets, en ratatouille, en tian, en papeton… on en consomme beaucoup. Lors de mon dernier séjour en Corse, j’ai eu le plaisir de goûter pour la première fois aux aubergines à la bonifacienne, qui m’ont fait penser aux « Melanzane alla parmigiana ». C’est le même principe sauf qu’on remplace le parmesan avec de la brousse. C’est une recette un petit peu longue à préparer mais qui est délicieuse, saine et équilibrée, et qui plus est, très estivale. A vos marmites !

Pour 5 personnes:

  • 4 belles aubergines
  • 2 pots de brousse
  • 2 gousses d’ail
  • 2 œufs
  • Chapelure de Pain sec / Biscottes
  • huile d’olive
  • sel / poivre
  • Emmental ou parmesan râpé

Pour la sauce tomate maison:

  • 6 tomates
  • une petite boîte de double concentré de tomate
  • huile d’olive
  • 2 gousses d’ail
  • paprika
  • piment de cayenne
  • Feuilles de basilic fraîches

Première étape: la sauce tomate

On pourrait ne pas s’embêter et prendre tout bêtement une boîte de pulpe de tomates, mais bon, si on ne profite pas de la saison des tomates pour les utiliser, c’est un peu dommage. J’ai décidé de bien faire les choses ! Pour commencer, j’ai taillé une petite croix sous les fesses de mes tomates et les ai plongé dans de l’eau bouillante 1 minute 30 pour les monder. Enlevez la peau, mettez les dans une sauteuse avec de l’huile d’olive, une bonne rasade d’eau et deux gousses d’ail écrasées, le tout sur feu doux en couvrant. une fois que les tomates sont bien ramollies, écrasez les en mélangeant correctement. Enlevez le couvercle pour que le reste de l’eau s’évapore, et quand la texture vous convient, utilisez un mixeur plongeant pour rendre votre sauce bien onctueuse. Assaisonnez avec sel, poivre, paprika, piment de Cayenne et enfin quelques feuilles de basilic émincées, puis réservez votre sauce.

Deuxième étape: les aubergines

Avant toute chose, préchauffez le four à 210°C. Pour les aubergines, on va commencer par les couper en deux dans le sens de la longueur puis par les plonger dans une marmite à ébullition pendant 20 minutes. Aidez vous d’une casserole d’eau posée par dessus car les aubergines vont flotter. Égouttez les aubergines, puis videz les de leur chair délicatement en suivant bien le contour de la peau (tout en laissant un petit centimètre pour ne pas abîmer l’aubergine. Réservez les « barquettes » d’aubergines. A l’aide d’un robot, mixez la chair pour la réduire en petits morceaux, placez la dans une passoire puis videz l’eau en appuyant bien dessus avec le dos d’une cuillère à soupe. Préparez votre chapelure avec du vieux pain rassis ou ds biscottes à l’aide d’un hachoir électrique puis dans un saladier, mélangez la chair égouttée, la brousse, 2 œufs entiers, 2 gousses d’ail écrasées, de l’huile d’olive, sel, poivre et la chapelure puis mélangez bien le tout. Sur une plaque préalablement huilée, disposez vos barquettes d’aubergine, puis garnissez les de la préparation à base de brousse. Enfin, saupoudrez un peu de fromage râpé sur le dessus de chaque aubergine (gruyère ou parmesan), puis enfournez pour 20-25 minutes sur une grille disposée au plus haut de votre four (chaleur en haut/en bas). Quand le dessus commence à dorer, c’est que les aubergines sont prêtes. Refaites chauffer votre sauce tomate sur feu doux puis servez.

Dressez vos aubergines délicieusement recouvertes de sauce tomate, accompagnées d’une bonne salade verte et vous verrez, ça fait des ravages 🙂

NB: Normalement, il est prévu de faire frire les aubergines après le passage au four, mais ce légume étant une véritable pompe à huile, j’ai évité afin de garder le côté sain de la recette. A savoir aussi qu’ici, la barquette d’aubergine est trop dure pour être mangée, nous avons seulement mangé la farce. La peau n’est pas très digeste, mais si vous voulez manger aussi la barquette, il vous suffira alors de laisser cuire plus longtemps.

[CORSE]: Cervioni, entre terre et mer

Fin mars dernier, nous sommes allés rendre visite à la famille à San Giuliano en Corse, qui se situe à une heure au sud de Bastia en bord de mer. Le coin s’est surtout rendu célèbre grâce à la noisette de Cervioni !
On ne rigole pas avec la noisette de Cervioni…
Eh oui les amis, en plus d’être bonne, cette noisette est cultivée de façon naturelle, dans le respect le plus total de l’environnement et elle a même reçu son IGP (Identité Géographique Protégée). Loin derrière la Turquie et l’Italie qui sont les deux plus gros producteurs mondiaux, la Corse ne se défend pas mal avec une production supérieure à 50 tonnes par an. Une seule variété est cultivée à Cervioni, et elle s’appelle la « fertile de coutard ». Cette variété donne de grosses noisettes qui sont ramassées au mois de septembre. D’ailleurs, si vous êtes en Corse fin août, guettez les deux journées de la noisette autour de l’événement « Fiera di a nuciola » ou aussi appelée « Destination Noisette ». Tous se regroupent dans le but de valoriser cette noisette de Cervioni qui est cultivée et transformée dans le canton. Si vous n’êtes pas un fou de noisette, pas de panique, vous profiterez alors des animations proposées (danses, chants…).
Et comme nous le savons, les corses sont très fiers de leur île et de leurs spécialités, donc ne leurs parlez même pas de Nutella, ici on achète du Nuciola ! (Et c’est aussi une marque déposée !) hihi
Cervioni, un petit village qui surplombe la baie…
Oui c’est un petit village qui compte moins de 1700 habitants, mais qui jouit d’une vue incroyable et qui a eu son instant de gloire au 18ème siècle. En effet, en 1736, Cervioni a été la terre d’accueil de Théodore de Neuhoff, aussi appelé Théodore Ier, le premier et unique roi de Corse qui a fait de Cervioni, la capitale de l’île le temps de son règne. Amazing…

Non loin de là, la Cascade de l’Ucelluline…

 

 

Nous y avons d’ailleurs fait une amusante rencontre…

 

Mes bonnes adresses:
U Casone

Ce restaurant/Pizzeria est l’un des plus appréciés ici à Cervioni. On a eu l’occasion de déguster leurs fabuleux beignets au brocciu (commandés pour emporter) puis lorsque nous avons mangé sur place, j’ai découvert l’escalope panée à la noisette… un vrai régal !!

 


A Sassula

A Sassula est une petite boulangerie traditionnelle située sur la place de l’église. Nous y avions commandé des migliacci, les fameuses galettes au brocciu cuites dans une feuille de châtaigniers. Il parait qu’ils font partis des meilleurs dans les alentours.
L’atelier de la Noisette
L’atelier de la noisette est situé sur la commune de San-Giuliano, juste à côté donc et là-bas, les fous de la noisette pourront s’en donner à cœur joie. Vous pourrez y trouver le fameux nuciola, mais moi je vous conseille surtout le Salinu, une poudre de noisette légèrement salée qui sublimera tous vos plats. Depuis qu’on a découvert ça, on ne s’en passe plus. Ca se marie très bien avec le saumon ! Je vous mettrai la recette un de ces quatre.

Le Flibustier

Le Flibustier plus communément appelé Le Flib’ par les locaux, est LE lieu branché par excellence. Situé sur le port de Taverna (commune de Santa Maria Poggio), on peut profiter de la jolie terrasse pour déguster l’une de leurs glaces gigantesques ou bien l’un de leurs supers cocktails. La prochaine fois, nous irons déjeuner le midi, il parait que c’est aussi très chouette. Attention, si vous allez là bas, faites la diète 3 jours avant… vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu 🙂 Moi en tout cas, je suis FAN de cet endroit, la déco est juste magnifique…

 

 


U Mercatu
 
Enfin, si vous souhaitez faire des achats gourmands à ramener à la maison, en plus des supermarchés qui sont bien garnis, pour les produits type charcuterie ou épicerie fine, je vous conseille le U Mercatu à Cervioni. Je m’y suis même trouvée un chapeau corse… ouuuuuh la touriste 🙂 je vais l’arborer fièrement cet été !

Voila pour cette petite escapade au Pays de la Noisette, je vous laisse avec en bonus, d’autres petits copains poilus croisés en chemin !
 

[CORSE]: Le Parc Galéa, un musée à ciel ouvert à ne pas manquer

Quand j’ai émis l’idée d’aller visiter un musée en Corse, mon homme m’a ri au nez en me disant qu’on n’allait pas en Corse pour s’enfermer dans les musées… Que nenni, on n’en a pas fait un, mais deux finalement ! Bon, je dois l’avouer, la météo y a fait pour beaucoup… On a eu un tel mauvais temps, qu’on a trouvé ces options, et dis-donc, nous n’avons pas regretté une seconde !

Direction le Parc Galéa, situé à Taglio-Isolaccio pour une découverte de la Corse au travers de son histoire, ses symboles, sa botanique et ses espaces marins. Vous apprendrez entre autre que le Coca Cola aurait peut être des origines corses… si si je vous jure !!

C’est un musée très ludique, très diversifié et qui propose une programmation culturelle extrêmement intéressante. Si vous souhaitez déjeuner sur place, des espaces pique-nique sont disponibles.

Le Parc Galéa, c’est…

Une sacrée collection de cactées…

 

 

 

 

 

Un jardin aromatique bien garni…

 

 

C’est aussi des expérimentations…

 

Ainsi qu’un large choix d’expo, animations et conférences passionnantes pour satisfaire petits et grands… 

 

 

 

 

Pour en savoir plus: cliquez-ici
N’hésitez pas à nous faire un retour sur votre passage à Galéa, pour savoir si vous avez aimé ou non !

[CORSE]: Nonza, un village perché plein de charme

Nonza a été je crois, mon plus gros coup de cœur lors de notre séjour en Corse en mars dernier. Il a d’ailleurs figuré dans l’émission des plus beaux villages français présentée cette semaine par Monsieur Stéphane Bern.

Sainte Julie trône au milieu du village

 

Ce petit village perché du Cap Corse haut de 160 mètres jouit d’une vue imprenable sur la mer. Les petites maisons aux toits de lauze sont toutes construites les unes sur les autres, et il est agréable de se promener dans les petites ruelles étroites. A l’année, on ne compterait qu’environ 70 habitants et aujourd’hui, le village vit principalement du tourisme.

 

 

 

 

La tour Paoline qui domine le village a été construite en 1768 sous les ordres de Pascal Paoli, personnage emblématique de l’île de beauté. Le général s’est battu pour l’indépendance de la Corse face à l’invasion française et cette tour servait de tour de guet pour voir arriver les navires envahisseurs.

 

 

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La plage de galets noirs de Nonza fait partie des curiosités et des endroits les plus prisés du Cap Corse et elle n’existe pas depuis si longtemps que ça. En effet, elle s’est formée par les résidus rejetés par l’usine d’extraction d’amiante située à Canari, le village voisin (c’est la partie claire qu’on voit sur la photo ci-dessous).

 

 

Aujourd’hui, la plage est le terrain de jeux des artistes et amoureux qui viennent laisser leur trace (souvent un mot d’amour) en alignant des pierres blanches trouvées sur la plage. On peut apercevoir quelques dessins depuis le village.

 

 

 

 

L’usine d’amiante, le poison du Cap Corse 

L’exploitation d’amiante de Canari battait son plein au début des années 60 avec une extraction de 30000 tonnes d’amiante par an (ce qui la place parmi les usines les plus productives d’Europe puisqu’elle couvrait à elle seule 50% des besoins industriels français) et a fait la fortune de la région. Bien sûr, ils n’avaient à l’époque pas conscience des dangers que ça représenterait à long terme… L’usine ferma ses portes en 1965 après épuisement des ressources et après quelques contrôles sanitaires. Puis la commune de Canari la racheta pour un franc symbolique, pensant certainement faire une bonne affaire, mais qui s’avéra en réalité être un terrible gouffre financier. La commune en paye toujours aujourd’hui les pots cassés, et c’est bien loin d’être terminé. En effet, la situation est critique car les lieux sont dangereux et ils n’ont pas encore trouvé de plan pour décontaminer le secteur. Démolir l’usine entraînerait l’envol de toutes les fibres dans l’air, ce qui serait encore plus nocif. L’amiante, kézako ? L’amiante est un minéral à texture fibreuse très friable et malléable. De par sa grande résistance à la chaleur et à son pouvoir absorbant, sa fibre est utilisée dans le secteur industriel comme composant dans la peinture, la colle, dans des installations électriques etc… D’un point de vue santé, ça donne quoi concrètement ? Ca donne que ça a été totalement interdit en 1997 en France et depuis dans de nombreux pays européens. L’amiante, lorsqu’on la respire ou lorsqu’on est trop à son contact, contracte des maladies respiratoires et des cancers. On parlera souvent de l’asbestose (maladie pulmonaire), du cancer de la plèvre ou encore du cancer digestif. Tout comme la radioactivité, l’amiante peut sévir jusqu’à 50 ans après l’exposition. On estime à environ 90 000, le nombre de personnes décédées aujourd’hui dans le monde à cause de l’amiante. Aujourd’hui, ce sont des millions d’euros qui sont investis pour protéger l’environnement des dégâts que pourrait causer cette usine, et pour l’instant, aucune solution n’a été trouvée pour totalement neutraliser ces fibres meurtrières qui recouvrent actuellement les parois du bâtiment. ********* Avant de quitter le petit paradis de Nonza, je vous conseille de vous arrêter à la Marina de Negru, un lieu très paisible où l’on peut admirer les ruines d’une tour génoise et entendre l’eau s’écraser sur les galets.

 

 

 

 

 

Petite vidéo  

 

 

 


A bientôt pour d’autres escapades

Que mange-t-on de bon en Corse ?

Avec mon chéri, nous sommes partis 5 jours en Corse au moment de Pâques, et nous avons fait que manger. Oui vous me connaissez, pour moi la découverte d’un lieu passe aussi et surtout par mon estomac ! J’avais un peu peur de ce que j’allais y trouver parce que je ne suis pas une grosse carnivore et préfère les mets végétariens… Alors oui bien sûr, la Corse, c’est THE place to be si on aime la bonne charcuterie: la saucisse (oui attention, on ne parle pas de saucisson là bas), le figatellu ou encore le lonzu font partie des cochonnailles les plus connues de l’île. Personnellement, j’ai préféré jeter mon dévolu sur les fromages ; et Dieu sait qu’ils sont nombreux !! On a pu tester le Brocciu (c’était le début de la saison), la Tomme de brebis et la Tomme de chèvre. J’en profite d’ailleurs pour vous signaler que le Brocciu possède aussi son AOC depuis 1983, ce qui vous confère une qualité optimale. Attention aux autres, car ils peuvent être faits à base de poudre de lait si ce n’est pas la saison de la traite.
Le Brocciu (brousse en provençal), c’est un peu LA star locale puisqu’on le déguste aussi bien salé que sucré. En salé, on a goûté les migliacci, une galette faite à base de brousse cuite au feu de bois avec des feuilles de châtaigniers, on a aussi goûté aux beignets de brocciu salés. Nous avons été moins fans des versions sucrées. Traditionnellement, le Brocciu se suffit à lui même, et se déguste avec un peu de sucre et d’eau de vie (mais nous n’avons pas aimé), et nous avons aussi goûté au Fiadone, un gâteau très populaire à base de brousse & de citron. C’est un peu le cheesecake corse.

Nous avons séjourné sur la Costa Verde qui est une zone très agricole et très nature située à proximité de la mer. Nous étions plus précisément à Cervione, qui est réputée pour sa noisette. Sucrée, salée, concassée ou en poudre, là aussi, les corse ont su sublimer ce fruit avec brio. Nous avons découvert le « Salinu » qui est une poudre de noisettes légèrement salée que l’on utilise comme condiment pour les salades, le poisson ou même la viande. C’est, je crois, notre plus gros coup de cœur du voyage: on en met partout, on adore. Vous pouvez en acheter à l’Atelier de la Noisette à Cervione. Gâteau à la noisette, glace à la noisette, noisettes caramélisées style chouchous ou encore escalope panée à la noisette, nous avons goûté plein de choses différentes et désormais, je n’ai plus aucun doute en ce qui concerne mon amour pour la noisette…

Toujours dans le sucré, vous ne partirez pas de l’Île de Beauté sans avoir goûté aux canistrelli, des petits biscuits croustillants à tomber. On peut en trouver de différentes sortes: nature, au vin blanc, à l’anis ou encore… à la noisette (étonnant je sais!). Nous vous recommandons vivement les canistrelli au vin blanc (avec sa légère fleur de sel) de la marque Cuggiulelle de Zilia que vous pouvez trouver en supermarché: ils sont juste EXCEPTIONNELS et ont fait l’unanimité dans notre entourage.

Côté mer, l’île regorge de poissons, fruits de mer & coquillages qui raviront les fin gourmets. Ne manquez pas la boutargue de Bastia, qui se présente sous forme solide ou en poudre et qui peut se déguster en fines tranches à l’apéro arrosées de jus de citron, ou en copeaux (voire en poudre) pour sublimer vos spaghettis.

Pour les condiments, en plus du Salinu, nous avons ramené dans nos valises des moutardes locales: une classique au cédrat qui a un délicat goût citronné puis une traditionnelle à la myrte. Toutes deux sont excellentes (même si je préfère celle au cédrat).

Enfin, si tout cela vous a donné soif, pourquoi ne pas essayer un petit jus de clémentine corse, une pietra bien fraîche (les filles, si vous aimez la bière fruitée, je vous conseille la Pietra Rossa, elle est excellente), un bon verre de muscat ou muscat pétillant si vous aimez les vins fruités ou encore une petite liqueur de myrte pour digérer tout ce que vous avez mangé ?

Je suis sûre que nous sommes passées à côté de petites merveilles de la gastronomie corse, mais ça nous donne une excellente raison pour y retourner comme ça. N’hésitez pas à nous donner vos bonnes adresses et/ou idées de mets à goûter pour notre prochain voyage.
Eh bien sûr, n’oubliez pas de ramener quelques souvenirs gourmands de votre voyage !

 

Nos découvertes culinaires en photo
L’aventure commence…
Tartine corse
Liqueur de Myrte
Asperges sauvages ramassées dans le jardin de Christian
Oeufs brouillés aux asperges sauvages et au brocciu
Glace à la noisette de Raugi, le glacier de Bastia incontournable
Migliacci, galettes de brousse cuite au feu de bois sous une feuille de châtaignier
La tarte paysanne, le gâteau typique de Pâques
Caccaveddu ou Campanile de Pâques; brioche à la fleur d’oranger cuite avec un œuf entier
Fiadone sur le Port de Saint Florent

 

Muscat pétillant
Charcuterie, fromages & vins de pays
Aubergines à la bonifacienne
Beignets au brocciu… mmmmmm
Brocciu, sucre & eau de vie
Escalope de veau panée à la noisette
A un di sti ghjorni Corsica !