Le kōdō, une expérience olfactive unique pour découvrir l’encens

Il existe de nombreuses cérémonies au Japon, comme l’ikebana ou la cérémonie du thé, puis d’autres qui sont moins connues et pourtant si traditionnelles comme le kōdō, qui signifie littéralement: la voie de l’encens. La ville de Nice a eu l’immense honneur d’accueillir le week-end dernier Souhitsu Issiken Hachiya, le légitime héritier d’une longue lignée de maîtres kōdō. Cette cérémonie est à la fois une sorte de méditation et un jeu olfactif qui permet de sentir, ou plutôt écouter l’encens (et oui, au Japon on écoute, on ne sent pas) qui se déroule autour d’un thème comme les poèmes ou la littérature. Cela requiert donc une bonne connaissance de la culture japonaise. Mais petits novices français que nous sommes, nous nous sommes contentés de tenir correctement le pot à encens et l’écouter le plus correctement possible en essayant de capter les subtilités des bois qui nous ont été présentés.

Qui est exactement Souhitsu Issiken Hachiya ?
Né en 1975, Souhitsu Hachiya n’est pas un japonais comme les autres… il est le fils ainé d’un grand maître de kōdō, qui a lui même hérité de ce statut. Cette tradition se transmet de père en fils, et Souhitsu représente la 21ème génération, ce qui veut dire que cela perdure depuis près de 500ans. C’est exceptionnel. Bien sûr il s’est beaucoup posé de questions au cours de son existence et a finalement décidé de mettre ses rêves de côté (en autre de devenir footballeur) pour pouvoir assurer la descendance du kōdō… On peut immaginer la pression qu’il avait sur les épaules. Il faut savoir qu’à travers le monde, il existe seulement deux écoles de kōdō (dont l’école Shino qui appartient à sa famille), et donc très peu de disciples pour pouvoir retransmettre ces traditions dans le monde. Souhitsu améliore perpétuellement son travail en observant les gestes de son père. Malgré son jeune âge, le maître se soucis d’ores et déjà de sa propre descendance car il a actuellement deux enfants, mais ce sont deux filles… Cependant, dans sa descendance, il y a eu une seule femme qui a pris la suite de son père (au 19ème siècle) car la famille devait se trouver dans le même cas de figure… Tout n’est donc pas perdu.

Quelles sont les 10 vertus de l’encens ? (source Wikipédia)

  1. 感格鬼神 : Aiguise les sens
  2. 清浄心身 : Purifie le corps et l’esprit
  3. 能払汚穢 : Élimine les « polluants »
  4. 能覚睡眠 : Réveille l’esprit
  5. 静中成友 : Soigne le sentiment de solitude
  6. 塵裏愉閑 : Calme les périodes agitées
  7. 多而不厭 : N’est pas désagréable, même en abondance
  8. 募而知足 : Même de petites quantités suffisent
  9. 久蔵不朽 : Ne se décompose pas après une très longue durée
  10. 常用無障 : Une utilisation habituelle ne nuit pas
Comment la cérémonie s’est-elle déroulée ?
Le maître a pris 5 minutes dès le début de la cérémonie pour préparer son pot (le kiki-gouro) destiné à accueillir l’encens: pour cela il va bien tasser la cendre de riz, constituer une petite montagne (dont la hauteur et la forme peuvent modifier l’odeur du bois), et faire des tracés traditionnels dessus. Dans la cendre se trouve une braise de bambou qui a été chauffée séparément au préalable et qui est recouverte d’une petite plaque appelée « mica » sur laquelle on dispose un minuscule bout de bois ; le mica va empêcher le bois de brûler, il va simplement dégager les odeurs du bois ; on peut ensuite se faire passer le bol dans l’audience pour commencer la cérémonie.

J’ai trouvé cette expérience incroyable, et c’était très émouvant de se tenir face à un si grand maître; j’étais ravie de pouvoir échanger quelques mots avec lui à la fin ; il a du être content de mon japonais puisqu’il m’a donné sa carte de visite et m’a offert un petit cadeau parfumé en souvenir de cette cérémonie :))

 Peut-être que la prochaine fois, j’irai à son école au Japon directement, qui sait 😉

Et vous, vous avez déjà essayé d’une expérience de ce genre ?

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