Nagasaki commémore son triste 69ème anniversaire

Le 9 août 1945 à 11h01, Charles Sweeney largue Fat Man sur la ville de Nagasaki. Initialement, la seconde cible après Hiroshima devait être Kokura (l’actuelle Kitakyushu), mais la ville étant plongée dans un épais brouillard, le bombardier a finalement changé de cible au dernier moment en se rabattant sur Nagasaki. La bombe a explosé à 500 mètres au dessus du sol, et a ravagé la ville entière.
L’officier de l’armée de l’air américaine, largement décoré après le succès de sa mission, est finalement décédé en 2004 à l’âge de 84ans dans le Massachusetts.
La première question qui m’ait venu: « quelle vie cet homme a-t-il pu mener après avoir bombardé une ville entière et tué des milliers de personnes ? »

J’ai pu retrouver sur Internet quelques citations de l’officier tirées d’interview ou de son autobiographie.

« My only consideration was to stop the goddam war and get our guys home »

« The shock explosion was felt by those of us in the strike plane. The turbulence of the blast was greater than that at Hiroshima. Even though we were prepared for what happened, it was unbelievable »

« I took no pride or pleasure then, nor do I take any now, in the brutality of war, whether suffered by my people or those of another nation, » he wrote.  »Every life is precious. But I felt no remorse or guilt that I had bombed the city where I stood. »

Mon voyage

Je n’ai jamais eu une attirance particulière pour Nagasaki que je croyais particulièrement glauque du fait de son histoire. Finalement, j’ai eu l’occasion de me rendre dans la région du Kyushu en avril dernier, et en visitant les sites des offices de tourisme, je me suis rendue compte que Nagasaki ne ressemblait pas du tout à l’image que je pouvais m’en faire, et qu’au delà de l’épisode terrible de la Seconde Guerre Mondiale, elle présentait une histoire passionnante sur les navigateurs européens qui ont largement participé à la construction de cette ville au 16ème siècle. Mieux encore, cette ville s’est révélée être un véritable coup de cœur, et j’estime aujourd’hui qu’il est indispensable de s’y rendre, pour tout le travail de mémoire qui a été réalisé suite au bombardement. C’est aujourd’hui l’une des villes les plus paisibles que je connaisse, et moi qui pensait que les citoyens de Nagasaki pourraient être hostiles envers les touristes étrangers (et à juste titre), il n’en est rien, je les ai trouvé vraiment super accueillants et serviables. Nous avons même rencontré sur notre chemin un survivant de la guerre qui nous a guidé jusqu’à notre destination juste pour son plaisir. J’aurais vraiment voulu lui poser un tas de questions, mais nous n’avons pas osé de peur de faire remonter en lui d’atroces souvenirs. J’ai adoré Nagasaki, et ne manquerait pas d’y retourner si j’en ai un jour l’occasion.
Il y a plusieurs lieux à visiter concernant la Seconde Guerre Mondiale et la bombe nucléaires, et sont tous regroupés au même endroit.

L’hypocentre de la Bombe Nucléaire
La stèle repose sur l’endroit exact où la bombe a exposé.
Elle fait aussi office d’urne dans laquelle se trouve la liste des martyrs de la bombe.
Vestiges de la Cathédrale Urakami située à 500 mètres de l’hypocentre. La cathédrale a été complètement détruite.
Des guirlandes de grues en origami en guise de symbole de paix
Les fleurs de cerisiers au mois d’avril
Le canal entre le parc de l’hypocentre et le musée

En chiffres, cette bombe a causé en l’espace d’une seule seconde:
– 73 884 morts
– 74 909 blessés (dont bon nombre décédé aux suites de leurs blessures/maladies)
– 120 820 personnes dont le logement a entièrement été détruit ou brûlé
– 18 409 maisons endommagées
– 11 574 maisons réduites en cendre
– 1 326 maison détruites
– 5 509 maisons partiellement détruites

Population de Nagasaki estimée à 240 000 personnes avant l’explosion.

Je vous conseille de regarder cette vidéo de 8 minutes sur la bombe lancée à Hiroshima 3 jours avant celle de Nagasaki. Ils ont réalisé ce reportage en mélangeant reconstitutions et interview de survivants. Vous verrez l’effet que peut faire une bombe nucléaire sur une ville de près de 350 000 personnes.

Atomic Bomb Museum

Billet d’entrée: 200 yen (soit 1.50€)

Ce musée est extrêmement bien fait, avec des reconstitutions des murs de la cathédrale, de Fat Man (la bombe nucléaire) et de sa composition, de nombreux objets retrouvés dans les décombres, des explications médicales sur les risques liés à l’exposition radioactive, de nombreux témoignages vidéos sur les survivants de la guerre ainsi qu’une partie plus internationale avec les essais nucléaires connus dans d’autres pays et la puissance en armement nucléaire des pays du monde.

Reconstitution des murs de la Cathédrale Urakami
Bois et bambous rongés par les radiations
Les horloges ont toutes cessé de fonctionner à l’heure pile où la bombe a explosé
J’aime bien cette aquarelle…
Il ne vaut mieux pas contrarier les russes…
La flamme de la paix offerte au Japon par la Grèce en 1983

Le Peace Park

La fontaine de la Paix qui permet aux personnes disparues de venir boire librement.
L’inscription japonaise est une citation de Sachiko Yamaguchi qui avait 9 ans lors du bombardement: « J’ai eu soif à force de courir ; il y avait une surface huileuse qui flottait sur l’eau, mais j’avais tellement soif que je l’ai bu quand même ».
Un peintre s’était installé là, au plaisir des passants !
La fameuse statue de la paix, haute de 10 mètres, qui est depuis l’emblème de Nagasaki. Son symbole est très fort:
La main vers le ciel représente le nucléaire et la bombe qui est tombée du ciel, la main gauche tendue vers l’avenir et vers la paix éternelle, la jambe fléchie représente la méditation tandis que l’autre jambe avec le pied au sol montre qu’il faut réagir contre le nucléaire et la guerre, et enfin, les yeux fermés offrent une prière pour que l’âme des victimes repose en paix.
Cet endroit n’a pas toujours été symbole de paix. Avant le bombardement, reposait une prison à cet endroit, où étaient détenus des chinois et coréens forcés au travail. Ce que vous voyez sur la photo, ce sont les fondations: c’est tout ce qu’il reste de la prison qui a complètement été rasée par la bombe. Les personnes situées autour de l’explosion n’ont eu aucune chance de survie. Les blessures suite à une explosion nucléaire sont les suivantes: la peau du corps tombe en lambeau, laissant à vif les muscles et les os, plus la chaleur de l’explosion qui carbonise le corps. Les tympans se percent ainsi que les poumons, les organes internes se rompent et les fluides s’évaporent. Si les personnes ont survécu à la bombe dans les premiers instants, beaucoup sont décédés dans les heures/jours qui ont suivit, et pour les autres, ils ont contracté de graves maladies dont peu y ont survécu.
BONUS: Légende des « Mille Grues » en Origami

On voit souvent ces petits oiseaux en origami dans les temples et dans les livres. Mais savez-vous d’où ça vient ? Justement, la « Légende des Mille Grues » a pris tout son sens après la bombe lancée sur Hiroshima grâce à une fillette du nom de Sadako Sasaki. Âgée de 2ans seulement lorsque la bombe a frappé sa ville, la jeune japonaise a miraculeusement survécu tandis que tous ses voisins sont morts. Jusqu’à l’âge de 11ans, elle a vécu normalement, se lançant même dans la course à pieds, jusqu’à ce que les médecins ne lui décèlent une leucémie (due aux effets secondaires des radiations). Son amie proche de l’époque lui raconta la légende des Milles Grues, qui dit que si on arrive à faire une guirlande de mille grues en origami, on voit son vœu le plus cher se réaliser. Sadako se mit sans plus attendre au travail en utilisant tout ce qu’elle pouvait trouver: papier, étiquettes de médicaments…et après en avoir réalisé la moitié, elle pu rentrer chez elle. Malheureusement, même pas une semaine après, elle fit une rechute, et décéda  le 25 octobre 1955 à l’âge de 12ans. Elle ne pu faire que 644 grues. Ses camarades de classe, très touchés par son histoire et son combat, décidèrent de finir le travail qu’elle avait entreprit, et la grue en origami devint un symbole mondial de paix. Chaque année, les enfants du monde entier envoient leurs grues à Hiroshima, et les écoles viennent se recueillir au pieds de la stèle consacrée à Sadako et aux enfants ayant péri à cause de la bombe.

Sadako Sasaki Story, un dessin animé éducatif

Une vidéo-tuto trouvée sur Internet pour réaliser une grue en origami

Demain, une commémoration au Parc de la Paix aura lieu comme chaque année avec le présence du maire qui fera une déclaration de paix. Si vous êtes dans le coin, ne manquez pas ce fort instant.

Prochaine destination ? Hiroshima j’espère…
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